Les Antilles Françaises, victimes du syndrome du “Champion à l’étranger”

C’est un sujet qui me trotte dans la tête depuis un moment mais que je n’arrivais pas à mettre sur papier clavier. Le syndrome du “Champion à l’étranger”. Je me rappelle avoir entendu ce terme pour la première fois lors d’une réunion avec une cliente dans une ancienne vie 🙂 Elle parlait d’une entreprise qui en France était mal aimée mais cartonnait sur les marchés extérieurs. Elle avait insisté sur le fait que finalement, pour que son image change en France, il aurait fallu montrer à quel point elle réussissait ailleurs. Paradoxal non ?

Les Antilles Françaises (comme la France continentale ?) sont victimes de ce syndrome. Ceux qui sont issus de ces territoires, qu’ils soient entrepreneurs, sportifs, artistes, actifs, étudiants etc…sont généralement reconnus/appréciés/plébiscités une fois qu’ils n’y sont plus. En clair, c’est comme s’il fallait à tout prix partir et réussir ailleurs. Et je dis ça d’autant plus aisément que je suis ailleurs.

J’ignore si cette situation existe dans les autres îles de la Caraïbe ou plus largement dans le reste du monde. En tout état de cause, elle est dommageable pour le développement des Antilles Françaises que sont la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin etc…

  • Le capital humain n’est pas valorisé à sa juste valeur avec pour conséquences, entre autres, un flux migratoire important vers l’ailleurs et un fort déficit d’attractivité pour “les forces vives” (haha, merci la République pour ce terme). Pourquoi rester si on ne me permet pas d’exploiter mon potentiel ? Pourquoi rester si on ne me donne pas les moyens de ma réussite ? Ou pire, si quand je commence à envisager de pouvoir réussir (c’est dire !), on me signale que ce n’est pas très approprié ?
  • Pour ceux qui ont fait le choix de ne pas partir, la valorisation des talents “de la diaspora” peut causer une certaine frustration. Pourquoi être élogieux vis-à-vis de ceux qui ont déserté (oui oui, c’est parfois perçu comme ça) et ignorer ceux qui sont encore là ?
  • Pour ceux qui sont partis mais qui conservent un attachement fort à ces territoires (et ils sont nombreux !) pourquoi prendre le risque de revenir ou d’y investir du temps/de l’argent ?

J’ai en plus constaté un phénomène autrement bizarre : la “Guadeloupéanisation” ou la “Martinisation” de personnes qui, clairement, n’en ont rien à f*** de ces territoires, mais auxquelles on se rattache précisément parce qu’elles réussissent ailleurs. Des ambassadeurs ou faire-valoir créés ex-nihilo. Un comble n’est-ce pas ?

Il est temps que chacun, entreprises, particuliers, institutions, élus, prenions conscience du vivier de talents que nous avons à disposition, à la fois en local et ailleurs. Arrêtons d’illustrer le proverbe “On n’est pas prophète en son pays.” Ne plus attendre d’avoir des réussites à l’étranger pour valoriser ce que nous avons à portée de main. Ne pas attendre que d’autres reconnaissent ces talents pour le faire nous-mêmes.

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