Petites remarques pour se préparer à une intervention en public

Hello, il m’arrive de faire des présentations orales ou de modérer des débats. De manière générale, je ne me débrouille pas trop mal. Mais, suite à mes quelques mois passés à New York, j’ai senti une nette amélioration de mes interventions. J’ai en effet eu la chance de devoir pitcher (en anglais), de participer à des événements de pitches, d’entendre des intervenants variés et j’ai beaucoup appris.
Il ne s’agit pas ici de donner des conseils en la matière, mais plutôt de partager des trucs et astuces qui pourraient vous servir.

Connaître son audience
On ne s’adresse pas à des étudiants comme à des investisseurs ou des potentiels clients. Bien sûr, certains éléments d’information seront similaires, mais les investisseurs seront plus sensibles à l’aspect financier de l’entreprise ou au profil de l’équipe. Les clients ou partenaires vont peut-être se focaliser sur les fonctionnalités ou vos tarifs.
Je suis toujours étonnée de constater que certaines personnes utilisent un même support générique pour toutes leurs interventions. Mieux on connaît sa cible, plus on est en mesure d’être pertinent.
Et que faire quand, dans la salle, l’audience est variée ? Prendre l’approche la plus “grand public” possible.

Avoir conscience du temps dont on dispose
3 minutes c’est 3 minutes, pas 5 ni 8, ni 10. Dura lex, sed lex (la loi est dure, mais c’est la loi). 
Je suis convaincue que c’est à la fois un problème typiquement français, mais aussi propre aux “élites” de faire fi du temps que l’on nous accorde.
Une présentation de 5 minutes ? Vous accorderez bien 10 minutes, non ? 3 minutes chrono ? Allez, disons 5. Non.
Evidemment il existe une marge, mais à New York, l’un des exercices auxquels nous avons été entraînés était la présentation chronométrée. Nous disposions pour nos pitches de 3 minutes. A 3 minutes pile, l’horloge se mettait à sonner. Déstabilisant au début mais finalement, il s’agit de respecter l’audience ainsi que les autres intervenants. (Hé oui, si vous prenez tout le temps imparti, il y en a moins pour les autres ou alors on finit à pas d’heure. Par ailleurs, vos propos ne sont pas plus importants que ceux des autres, n’est-ce pas ?).
Sachez qu’en moyenne, on passe de 30 secondes à 2 minutes par slide, cela vous donne une indication du temps que vous prendrez. Et si votre texte de 5 minutes tient sur 5 pages, police 12, c’est certainement trop long.

Faire le deuil de l’exhaustivité
Bien souvent, quand on prend la parole, on ne veut rien manquer. On veut tout dire, tout passer en revue, tout est important. En 3 minutes, 5 minutes, en 12 minutes (le temps d’une intervention au TEDx) ou même en 30 minutes on ne peut pas tout dire, c’est impossible.
Trois compétences entrent donc en jeu : la synthèse, la capacité à trouver les mots justes et la capacité à établir des priorités. Bien sûr, plus on a de temps, mieux on peut donner des détails, mais bien souvent, on n’a pas le temps.
Si l’auditoire a des questions complémentaires, il vous les posera, mais de votre côté, respectez le temps de parole donné.

Se préparer en situation réelle
Il m’est arrivé d’aller à des présentations sans véritable entraînement en amont, persuadée que je maîtrisais mon sujet et tout s’est bien passé. Mais désormais, cela ne m’arrive plus.
Compte-tenu du fait que j’ai en tête la durée imposée, l’audience et toutes les contraintes liées à une intervention orale, je me prépare quelques jours à l’avance. Je revois mes slides si j’en ai, je note l’enchaînement de mon discours, je me chronomètre. Le must reste encore de pouvoir le faire dans la salle qui vous accueillera, avec l’écran et le diaporama pour tester le rendu, mais si ce n’est pas possible, faites le dans votre salon. Et si vous avez quelqu’un qui vous écoute et vous corrige, c’est encore mieux. Les meilleurs athlètes s’entraînent, pas de raison de passer à côté. Honnêtement, plus on le fait, plus on a de facilité à le faire.

Bannir Powerpoint/Keynote
C’est un peu excessif mais trop souvent, les utilisateurs de ces deux outils ont tendance à lire littéralement ce qui est inscrit. Mon avis : si vous venez lire un PPT/Keynote, envoyez-moi le document par mail, nous perdrons moins de temps.
Votre support doit être avant tout visuel avec le moins de texte possible, sinon 1/ l’audience va lire ce qui est projeté et ne pas vous écouter 2/elle ne lira pas ce qui est à l’écran, mais, morte d’ennui mais elle ne vous écoutera pas non plus. C’est vous la star quand vous parlez, pas le PPT.
Vous n’imaginez pas comment, à titre personnel, j’ai diminué la densité des contenus sur mes slides.
Le modèle idéal maintenant c’est plutôt : une image + une phrase/un chiffre/une citation. Quand ce n’est pas possible, assurez-vous au moins que ça ne soit pas trop surchargé. Dégraissons nos slides !

Tout en PDF + sur clé + par mail parce “on ne sait jamais”
Les documents en PDF ne bougent pas, ils sont stables quel que soit l’écran ou le processeur. C’est un immense avantage, surtout si vous n’avez pas pu tester votre présentation sur l’ordinateur et l’écran de projection qui seront utilisés. Certes, vous n’aurez pas les jolies animations de PPT ou Keynote mais au moins, vous êtes sûrs que le design sera bien celui qui était prévu.
Amenez également votre support sur clé USB et/ou disponible dans le cloud. On n’est jamais à l’abri de surprises.

Mettre l’accent sur le problème
Je revois certains enseignants du Tow Knight program nous répéter : “le monde n’en a que faire de vous, les gens se préoccupent d’eux-mêmes avant tout”. Votre vie, votre oeuvre, d’où est née l’idée, c’est sympa, mais so what ? Alors pour être sûr de capter l’attention, on commence par présenter le(s) problème(s) que l’on résout, avant d’attaquer sur la solution que l’on propose. Vous imaginez si à la fin de votre beau discours, quelqu’un vous demande : “Ok, mais ça sert à quoi ?” Echec.
Ce n’est pas toujours simple car, parfois, notre solution s’adresse à une cible bien particulière, très technique, et on doit tout de même la présenter à des néophytes. Mais ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement, n’est-ce pas ? Pour cela, voir les points “Connaître l’audience” et “Se préparer en amont”.

Raconter une histoire
Surtout si votre produit s’adresse à du grand public, du B2C. Vous ne vendez pas seulement le produit, mais à la fois le problème, ce qu’il permet de faire, l’origine de l’idée, vos clients, vos projets, vos ambitions. Humanisez vos discours, rendez les personnels. On ne se souviendra peut-être pas du nom de votre solution, mais certainement des petites anecdotes que vous joncherez ici et là.

Interagir avec l’audience
Cela peut paraître compliqué mais quand vous passez après 20 présentations de chacune 10 minutes, imaginez dans quel état est le public. Il est fatigué, il ne se souvient plus de qui fait quoi, il joue sur son smartphone, il pense au déjeuner et/ou au dîner, parfois il dort. Bref.
Utilisez une accroche par exemple. Un des élèves de ma promo new yorkaise (hey Thiago !) faisait toute la salle prendre une belle inspiration avant de commencer….en rappelant que 70% de l’air que nous respirions venait de l’océan. Une amie (hey Caroline !) commençait en demandant à tue-tête “qui aime sa grand-mère ici ?” Evidemment, tout le monde répondait en choeur “Moiiii !”. Elle enchaînait alors sur sa websérie consacrée aux grands-mères et à la cuisine. Cela suffit à réveiller l’audience, à la faire participer et à faire en sorte qu’elle se souvienne de vous. Si vous pouvez en plus être drôle, c’est parfait.

Montrer autant que possible
Si votre présentation traite d’un produit, d’une solution, d’une application, bref, de quelque chose que vous pouvez montrer, tirez-en parti !
Je me rappelle avoir participé à une session pitch où, l’équipe qui passait la dernière, vers 20h, n’avait aucun support Powerpoint ni Keynote. Elle avait fait une démonstration en live du fonctionnement de son application. Round of applause dans la salle.
Vous avez une vidéo ? Le public peut toucher ce que vous vendez/proposez ? Vous leur permettez de s’immerger dans la réalité virtuelle ? Vous avez un chouette site ? Go ahead !

Respirer
Avant de monter sur scène puis pendant la présentation. On m’avait fait la remarque que je parlais vite (oui, c’est de notoriété publique) et que parfois, pour ménager son effet, il fallait savoir prendre des pauses, jouer sur le rythme. Bon, je n’y arrive pas toujours, mais j’y travaille. Et puis respirez en sortant, c’est fini !

La liste n’est pas exhaustive et peut-être que certains seront en désaccord, n’hésitez pas à me faire vos remarques.

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