So, you wanna run a crowdfunding campaign?

Pourquoi un titre en anglais ? Pourquoi pas après tout ? Je ne sais pas pour vous, mais je trouve que souvent, en anglais “ça sonne mieux”. Bref.

J’ai reçu plusieurs demandes de personnes qui souhaitent se lancer dans une campagne de crowdfunding c’est-à-dire demander à des amis, de la famille, des inconnus de financer un projet en ligne. Je dispose d’une modeste expérience dans le domaine puisque j’ai collecté 8000€ pour relancer VTA Magazine. Je ne suis pas la boss du crowdfunding game, mais j’en ai retiré quelques leçons.

  • It is not for the faint of heart. Âmes sensibles s’abstenir ! Le crowdfunding est une sorte de marathon de la mort pouvant s’étaler sur plusieurs jours/mois pendant lequel vous ne devez jamais baisser la garde.
    Pour imager, je dirais que si on était aux JO, le crowdfunding serait plus proche de l’heptathlon que du 100m. Et à cela j’ajouterais que c’est comme les montagnes russes. Vous avez le vertige ou pas ? Il faut rester motivé(e) avant le lancement, pendant la campagne, après celle-ci. Bien souvent, quand on ne voit pas le montant augmenter, on finit un peu par baisser les bras, alors même que le projet en vaut la peine, dommage. C’est un exercice d’endurance et de persévérance, pas de rapidité.
  • Préparez-vous. N’oubliez pas que c’est un heptathlon et le grand 8. Faites un dossier contenant un calendrier d’actions que vous allez mener (lancement, envoi communiqué…), mais aussi une liste de personnes que vous allez solliciter, les supports de communication que vous allez utiliser. J’avais personnellement listé plus d’une centaine de personnes à contacter avec les coordonnées, le message etc.. Plus vous savez ce que vous allez faire en amont, plus vous êtes tranquille et votre campagne sera fluide.
  • Choisissez bien votre plateforme. Vous préférez une plateforme connue qui va rassurer (KissKissBankBank, Ulule…) ou une plateforme plus ciblée mais peut-être plus efficace (Eduklab,…) ? Vous préférez la règle du “si l’objectif n’est pas atteint, tout est remboursé, vous n’avez rien” ou cela vous semble trop risqué ? Vous connaissez le montant de la commission des plateformes que vous avez sélectionnées ? Renseignez-vous.
  • Allez sur le terrain ou comme diraient les Américains “get your hands dirty”. Même si une campagne de crowdfunding se fait en ligne, vous devez presque faire du street marketing pour votre projet. Assistez à des événements où vous pourrez parler de la campagne, distribuez des flyers, rencontrez du monde, faites appel aux médias. La relation humaine est encore importante en ce bas monde.
  • Jetez un oeil sur les statistiques…mais pas trop. Sur KissKissBankBank, vous pouvez voir le montant déjà collecté et si les prévisions sont correctes pour atteindre votre objectif. Cela peut vite devenir très stressant de constater que “ho non, j’aurais déjà du être à 540€ et je ne suis qu’à 380€”…
  • Seul c’est faisable, en équipe c’est mieux. J’ai lancé ma campagne poussée par mon amie Estelle. Elle m’a tannée pendant des semaines. Une fois la décision prise, j’en ai informé mes proches, ma famille, etc… Pourquoi ? Parce que vous aurez besoin d’un soutien indéfectible, des gens qui sauront être vos meilleurs coaches, vos meilleures cheerleaders. Quand vous aurez vos premiers dons pour fêter l’euphorie (Ouééééééé), quand il n’y a plus de dons (Nonnn, je vais échouer, je suis une merde, je vais aller me mettre en position foetale sur mon lit), quand les dons reprennent (Yessss, m***f***). C’est votre équipe qui va relayer l’information, vous encourager à ne pas baisser les bras, va en parler autour d’elle et plus encore. En public, vous souriez mais c’est parce qu’en coulisses, vous savez vers qui pleurer.
  • Sollicitez vos amis. (Bien sûr, cela implique que vous ayez des amis.) Ces personnes qui non seulement vous soutiennent, mais en plus mettent leurs ressources financières/techniques/logistiques à votre disposition. La vidéo de la campagne ? Les images ont été prises par deux amis chez moi et montées par un autre depuis les Etats-Unis. Les premiers dons ? Des amis. Les parutions presse ? Du réseau dans le monde journalistique. Bien souvent, on n’ose pas demander aux proches mais 1/ Ils sont talentueux 2/ Ils se vexent quand on ne le fait pas 3/ Ce serait dommage de ne pas le faire 4/ Cela permet de faire une sélection des personnes sur qui vous pouvez compter. Ca fait quand même quatre bonnes raisons.
  • Oubliez votre ego. Vous êtes du genre à ne pas aimer vous mettre en scène ? Vous êtes timide, ascendant “je n’aime pas parler en public” ? Alors le crowdfunding n’est pas fait pour vous. Tout d’abord parce que les internautes donnent à la fois pour le projet et la personne, donc vous devrez vous montrer, qu’il s’agisse d’une vidéo, d’une prise de parole en public, de relations médias. Vous devez soit susciter l’empathie, soit montrer que votre projet est génial et pour le bien commun, soit créer tellement d’excitation que tout le monde prendra sa carte bancaire pour participer. Pour faire connaître le projet et inciter au don, tous les moyens (ou presque) sont bons. Désolée, mais il faut mettre la main à la pâte, harceler, relancer.
  • “J’ai annoncé, c’est fait, je serai le roi/la reine du pétrole”. Haha, non. Erreur grossière qui consiste à croire que parce que vous avez mis en ligne, fait un post Facebook et un tweet, ça y est, votre campagne va rouler comme sur des roulettes. Si vous avez bien lu jusqu’ici, vous savez qu’en fait, ça ne fait que commencer, il vous faudra rester en alerte en permanence, rappeler régulièrement la campagne, menacer, mettre la pression.
  • Assurer le suivi pendant et après la campagne. Gros point faible de ma part. Je n’ai pas encore fait parvenir les contreparties à tous les donneurs. Shame, shame, shame. Quand vous vous engagez à envoyer des cadeaux, faites-le rapidement avant d’être pris(e) dans le tumulte de la vie. C’est signe de confiance mutuelle et si vous faites une autre campagne, vous n’aurez pas honte.

Honnêtement, ma campagne de crowdfunding a été éprouvante, riche en adrénaline, mais une fois que c’est fait, la fierté qui en découle n’a pas de prix. Un tel exercice permet de se fixer des objectifs, mais aussi de tester son produit, sa capacité à le vendre, etc… Est-ce que j’en referai une ? Rien n’est moins sûr haha.

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